TEMPS PRIMITIFS ET MOYEN AGE
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parmi eux, il y avait encore plus d’esclaves. Deux castescomposaient la nation, les hommes libres et les serfs ; ceux-ci naturellement plus nombreux, car il a toujours fallu plu-sieurs domestiques pour un seul maître. La caste des hom-mes libres se divisait en nobles ou en gentilshommes et enaffranchis.; celle des serfs en tenanciers (liti) et en esclaves(servi). Ces derniers, que l’on avait pris à l’origine dans lesprisonniers de guerre, n’avaient pas plus de droit que lesanimaux; ils étaient la chose de leur maître, une marchan-dise sur laquelle il avait droit de vie et de mort, la loi neprotégeant que les hommes libres. Les liti cultivaient lesbiens fonds moyennant une redevance payée au maître dela terre et appelée Féod, contribution. Ils ne pouvaientêtre vendus qu’avec le domaine auquel ils étaient atta-chés. i
Les rapports entre les nobles et leurs tenanciers consti-tuèrent peu à peu l’état féodal. Les liti qui se rachetaient dela glèbe ne devenaient complètement libres qu’à la troi-sième génération. Jusque-là ils ne pouvaient ester en justiceet devaient se faire représenter par un gentilhomme. Le té-moignage d’un serviteur qui déposait contre son maîtren’était pas admis, tant la loi était dure pour eux. En revan-che, l’homme libre était comblé de privilèges; à lui seul, ledroit de porter les armes, d’être témoin, électeur et prêtre.Culte, justice, législation, diplomatie, tout l’État était dansses mains. Ne parlez donc point de démocratie germanique,à moins de comprendre sous ce nom les seuls privilégiés. Enréalité, le peuple n’avait pour lui que de dures corvées, descoups de bâton, de lourds impôts et la misère. Sa vie étaitaussi malheureuse que celle des liti et des esclaves, il lapassait à travailler pour un maître paresseux qui, à lamoindre occasion, lui prodiguait les mauvais traitements.Esclave sur cette terre, il n’avait même pas l’espoir d’unevie meilleure après la mort, puisque les hommes libresétaient seuls admis au Walhala de Wodan.