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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ BT LES MŒURS ALLEMANDES

thique qu’il faut chercher les premiers bégaiements du hautallemand qui, généralement usité du septième au onzièmesiècle, se partagea plus tard en trois dialectes : le souabe,le bavarois et le franconien, pour se fondre, grâce aux Thu-ringiens, avec le vieux bas-allemand.

Les chants patriotiques fleurirent chez les Goths, qui chan-taient en s’accompagnant de la harpe, de la flûte ou du cor.Leurs rois et leurs guerriers célèbres aimaient et cultivaientla musique. L'historien grec Procope raconte que le roi Gé-limer, prisonnier du Pharas à Pappua (533), envoya deman-der trois choses à son vainqueur : un pain pour se nourrir,une éponge pour rafraîchir ses yeux enflammés et une harpepour chanter ses malheurs. Jordanis, dans sa chroniquedes Goths, De rebus gestis, écrite dans un latin barbare, nousa transmis un écho de ces chants nationaux. Son livre etcelui de Paul Warnefrid (huitième siècle), De gestis Longobar-dorum, nous permettent de voir clair dans l’histoire del’Allemagne à cette époque.

Ce fut l’invasion d’un nouveau peuple nomade qui décidales peuples à se répandre enfin dans l’empire. Les Huns, sortisau quatrième siècle des steppes de l’AsieMineure, culbutèrentlesAlains, subjuguèrent les Ostrogoths et refoulèrent les Vi-sigoths à l’est du Danube, après avoir occupé la Hongrie etrendu tributaires les Gépides et les Longobards qui l’habi-taient. Poussés en avant, les Visigoths rencontrèrent lesRomains d’Occident commandés par Valens, sur le champde bataille d’Andrinople, et leur infligèrent une terrible dé-faite. Gratien, empereur d’Occident, confia alors le soin dedéfendre la frontière orientale à l’Espagnol Théodose. Celui-ci employant tour à tour les armes et les négociations, ter-mina la guerre avec les Goths, et à la faveur des discordesqui déchiraient la famille de Gratien, il se fit proclamer lui-même empereur. Il fut le dernier qui régna sur l’Occidentet l’Orient réunis. En mourant il partagea l’empire entre sesdeux fils débiles ; Arcadius eut l’Orient avec Constantinople,