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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

sincère et plus idéale, due surtout au culte de Marie, quirestaura la poésie et les mœurs.

L’immoralité de Clovis se transmit à ses fils, les Méro-vingiens, et il n’est pas de vice révoltant dont ils n’aient donnél’exemple. Idolâtrie brutale, corruption féroce, égoïsme sansnom, parjure, trahison, inceste, empoisonnement, fratri-cide, méchanceté raffinée, tels sont les traits avec lesquelsl’historien français, Grégoire de Tours, dépeint les mœurs dece temps. Deux reines, Frédégonde et Brunehaut, dépassè-rent dans leur conduite ce que l’imagination peut rêver deplus criminel; leur histoire n’est qu’un long et horribledrame qui se termine par la fin affreuse de Brunehaut.Vaincue par Clothaire II, fils de Frédégonde, elle fut atta-chée par les cheveux à la queue d’un cheval indompté,mise en pièces et brûlée (613). Les récits de Grégoire deTours nous donnent une idée fidèle, mais triste, de l’abais-sement des mœurs à cette époque.

La religion avait perdu le sens de la vérité et de la justice ;elle méconnaissait jusqu’au principe de noblesse et de gran-deur inné dans toute créature faite à l’image de Dieu ; elleavait grand besoin de se dépouiller elle-même de sa barbarie,avant de pouvoir civiliser le paganisme germanique. Veut-on connaître le degré d’adulation où les prêtres étaient des-cendus à l’égard de ces Francs si mal convertis, qu’on lisel’étrange apologie des crimes de Clovis, par Grégoire deTours : Prosternebat enirn quotidie Deus hostes ejus sub manuipsius et augebat regnum ejus, eo quod ambularet recto cordecoram eo et faceret quæ plaeita erant in oculis ejus. «. Tous lesjours Dieu mit les ennemis de ce prince à ses pieds etagrandit son royaume, parce qu’il marchait d’un cœur droitet faisait ce qui plaisait aux yeux de l’Éternel ! »

Nous n’avons pas à raconter ici comment finit la dynas-tie des Mérovingiens, ni comment Charlemagne fit de laFrance une monarchie universelle en soumettant les Saxons,commandés par Witikind, qu’il força d’embrasser le chris-