CHRISTIANISME ET MIGRATION DES PEUPLES
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tianisme. fl fut sacré empereur par le pape Léon III, et c’estlà l’origine du sacre des empereurs d’Allemagne par lespontifes de Rome. Charlemagne, reconnaissant, fonda lapuissance temporelle des papes en confirmant les brefs dePépin, son père, et en ajoutant de nouveaux dons aux pro-vinces déjà cédées.
Avec Charlemagne, le christianisme triomphe décidé-ment sur le paganisme germanique. Ce prince avait com-„pris quelle force donnerait à son autorité l’alliance d’uneÉglise qui, émanée directement de Dieu, avait le pouvoird’absoudre et de punir les fautes des hommes.
Les fréquents rapports des Francs avec les Romainsavaient fait passer dans leurs mœurs quelques-uns desusages de l’empire. Ainsi ils leur avaient emprunté lestitres de rex, dux, cornes. C’est aussi à ce moment que lasouveraineté passa de l’assemblée des hommes libres aumonarque; enfin le règne de Charlemagne est le point dedépart en Allemagne, d’une nouvelle époque intellectuelle,la période catholico-germanique.
Dans la mêlée des invasions disparut l’originalité germa-nique, et les Allemands subirent l’influence des populationsromanes. On désigne sous ce nom les nations nées de lafusion des conquérants germains avec les diverses races desprovinces romaines, tels sont : les Italiens, les Français, lesEspagnols et les Portugais. La langue même des conqué-rants se fondit dans celle des peuples vaincus, et celle-ciétant plus parfaite, prit le dessus et devint la langue domi-nante. Dès lors on parla deux sortes de latins ; l’un popu-laire, qui se mêle avec les dialectes étrangers, et le vrai la-tin, qui reste la langue de l’Église et des savants.
Il en fut de même do la poésie; elle se modifia au contactde la littérature romaine, et ses pertes furent compenséespar des avantages nouveaux. Si l’Allemagne oublia sonhis-