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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ BT LES MŒURS ALLEMANDES

un État allemand et à ruiner l’anarchie féodale, seul obstacleà l’unité de l’empire, nous voyons, pendant tout le moyenâge, les Othon, les Henri, les Frédéric, constamment occu-pés à franchir les Alpes, à la poursuite du fantôme déoevanlde la couronne romaine, ambition déplorable qui ruineraégalement l’Allemagne et l’Italie.

A partir d’Othon l ,r , le principe d'héi édité se mêle à l’élec-tion dans les constitutions de l’empire. Chaque souverain veulassurer la succession de sa couronne à son fils en le faisanide son vivant ôiire empereur romain. Les successeurs de ceprince, Othon II (973-983) et Othon III (983-1002) sans êtreaussi distingués que lui, marchèrent néanmoins sur sestraces. Des princesses de beaucoup d’esprit, Adélaïde deBourgogne et Théophanie de Bysance, apportèrent dansleur maison le goût des arts qui put se développer grâce à ladécouverte et à l’exploitation d’une mine d’argent dans lesmontagnes du Harz ; à la civilisation romaine se mêlèrentdonc quelques parcelles de la culture gréco-bysantine. Mais,comme sous Charlemagne, le mouvement ne fut que su-perficiel, d’importation étrangère, et les savants réunis parOthon ne surent pas fondre les éléments nouveaux qu’ilsapportaient avec les propriétés natives du génie allemand.Parmi ces savants, il faut distinguer Gerber, né en Au-vergne, que son élève et ami Othon III fit monter sur letrône pontifical, sous le nom de Silvestre II, et qui mouruten 1002. Il possédait de vastes connaissances, pour le temps,en physique, en mathématiques, et quelques-unes de sesinventions le firent passer pour sorcier. Son exemple excitade nombreux émules, entre autres Meinwerk de Paderbornet Bernward Je Hildesheim qui appliquèrent leurs connais-sances aux progrès de la musique et des arts plastiques.

Mais ce fut l’architecture surtout qui prit un grand essor.La construction et la décoration des églises excita le zèle des