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TA SOCIÉTÉ BT LES MŒURS ALLEMANDES
temps quelques sculptures en ivoire et sur bois, tel est lacrucifix du dôme de Bamberg qui remonte, dit-on, à l’an1008. Les sculptures sur pierre sont plus rares; elles nocommencent à avoir de l’importance et de la valeur quovers le douzième siècle, pour servir à l’ornement des por-tails d’église, des murs du chœur, des chaires et des mo-numents funèbres.
Il y eut aussi des peintures, mais exécutées par des artis-tes italiens et qui n’ont rien du caractère national. Pendantla période othonienne, cet art fut heureusement cultivé,quoique exclusivement au profit des églises. Vers le dixièmeetleonzième siècle, nous le voyons appliqué aux miniaturesqui décoraient les manuscrits. On avait peu de livres alorset la possession de manuscrits constituait un luxe vérita-ble. Aussi, l’Église voulut-elle que les livres, à son usage,fussent des œuvres d’art, sur beau parchemin, la couver-ture ornée de pierres précieuses ou de sculptures en ivoire.A l’intérieur, on prodiguait les peintures décoratives et lesillustrations au commencement et à la fin des chapitres,ainsi que sur les côtés des pages. Le caractère de ces minia-tures était, au dixième siècle, presque exclusivement bysan-tin, mais déjà l’on y voit paraître les teintes vives et lumi-neuses de l’emploi des ornements en or. Au siècle suivant,cette peinture s’émancipe et constitue un art indépendant etallemand.
Les fresques étaient déjà inventées, ainsi que le prouvel’exemple du roi Henri faisant représenter la défaite qu’ilavait infligée aux Hongrois sur les murs d’une salle de sonpalais de Mersebourg. Il ne nous reste de ce temps que peude tableaux sans importance et presque point de mosaïque^mais de nombreux spécimens de tapis brodés et tissés surlesquels sont représentés des faits historiques. Selon touteprobabilité, c’est vers la fin du dixième siècle que fut in-ventée la peinture sur verre ; des artistes allemands la pro-pagèrent dans les pays voisins et nous la trouvons employée