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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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PÉRIODE CARLOVINGIENNE ET OTHONIENN'E

pour la première fois à l’ornement des églises au couventbavarois de Tegernsée.

La dynastie des Othons protégea aussi les sciences et leslettres, et fonda quelques nouveaux monastères dont leplus célèbre fut celui de Cologne qui est dû à Bruno, frèred’Othon l oc . Pourtant ni la cour ni les moines ^enrichirentnotre littérature nationale, et si quelque poésie en langueallemande sortit par hasard des couvents, elle était tropgrossière pour charmer l’oreille délicate et cultivée desprinces et princesses de la maison de Saxe. A la cour, on par-lait latin et c’est également en latin qu’écrivaient les poèteset les historiens, comme on le voit par les annales de Viti-kind deCorvey, mort en 1004, et de Dietmar de Mersebourg,mort en 1018. En allemand, nous trouvons la traductiondes psaumes par le moine de Saint-Gall Notker Labeo,morleu 1022, et celle du cantique des cantiques, par l’abbé WH-liram d’Ebersberg, mort en 1085.

Nous ne pouvons cependant terminer ce chapitre sans direquelques mots d’un livre que l’on attribue à cette périodeet que le savant critique J. Aschbach croit être l’œuvre d’unfaussaire, Conrad Celtes. Ce livre aurait été composé parune religieuse nommée Hrotsuitha qui l’aurait écrit vers 980,au couvent de Gandershein en Brunswick. Vrai type de lafemme-auteur au moyen âge et marquée du caractère queles Anglais désignent sous la dénonciation de bas-bleu. Hro-tsuitha serait entrée fort jeune au couvent où, sous la direc-tion de l’intelligente abbesse Gerberga, nièce d’Othon II,elle s’adonna aux études classiques et acquit bientôt un ta-lent littéraire qui la fit surnommer la voix argentine de Gan-dersheim. Encouragée par l’empereur, elle célébra les exploitsd’Olhon I er en vers latin hexamètres et écrivit eu cette languel’histoire de la fondation du couvent, ainsi que quelqueslégendes de martyrs. Mais son ouvrage le plus célèbre, ce