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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

sont des comédies latines imitées de Térence. Dans la préface, elle expose les raisons qui lui ont fait prendre laplume : « 11 y a, dit-elle, beaucoup de bons chrétiens quipréfèrent les livres païens aux livres sacrés, parce que lespremiers sont écrits dans un plus fin langage. Il y a mêmedes lecteurs assidus de la Bible qui, malgré leur dédainpour la littérature païenne, lisent fréquemment les ouvra-ges de Térence dont le style gracieux les séduit et les initieaux sujets obscènes qui s’y rencontrent. C’est pour ce mo-tif que moi, voix pure et claire de Gandersheim, j’ai tâchéd’imiter le genre de cet auteur estimé. Mais, loin de présen-ter à l’esprit, des femmes impures et lascives, j’ai pris poursujet des vierges pures et pieuses. » A l’en croire, elle seserait donc proposé un but purement moral, comme il couvenait à une religieuse ; pourtant il nous semble qu’avantd’écrire ses petites comédies, elle n’a pas dû se contenterd’étudier Térence, mais qu’elle a probablement éprouvé lespassions de l’amour. Quand elle commença d’écrire, cen’était plus une jeune fille à l’âme ardente, mais déjà unematrone de sens rassis, cependant son spiritualisme chrétienn’a pas triomphé partout de l’antique sensualisme. Çà et làdes élans charnels traversent ses pages mystiques et lorsmême qu’elle termine ses productions par un martyre édi-fiant, elle ne recule point devant les scènes scabreuses. Lespersonnages, comme ceux de Térence, sont pour la plupartdes gens de mauvaise vie et des femmes galantes. La séduc-tion et la conversion constituent les ressorts essentiels de sesdrames. 11 y a des scènes comiques très-marquées, celle parexemple où un gouverneur débauché, Dulcilius, s’introduitdans la maison de- trois vierges pieuses, Agape, Chionie etIrène pour les déshonorer. A peine entré, il est frappé defolie et croyant embrasser les jeunes filles, il serre dans sesbras les casseroles, les pots et se noircit horriblement le vi-sage. c

Quelle que soit la valeur esthétique de ces poésies de nonne