Buch 
La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
Entstehung
Seite
73
JPEG-Download
 

DYNASTIES IMPÉRIALES DE FRANCONIE ET DE SOÜABK 73

monarque le plus important de cette famille fut Henri III.11 étendit les bornes de l’empire, rendit sa couronne héré-ditaire et s’opposa énergiquement à l’extension de la puis-sance pontificale. Malheureusement il mourut dans la forcede l'âge, avant d’avoir pu mener à bonne fin ses grandsprojets. Le règne de son fils Henri IV ne fut qu’une longuesuite de fautes et de honteux malheurs. L’éducation de ceprince avait été fort négligée, par la faute des grands del’empire sans cesse en révolte contre son père. Monté sur letrône, il blessa les Saxons et amena dans ses États les divi-sions dont sut habilement profiter le pape Grégoire VII. Ceredoutable Hildebrand, sorti des classes inférieures, paraîtcomme le vengeur du peuple, opprimé par l’aristocratiecruelle du moyen âge. A ce siècle de fer, il opposa le pou-voir de l’intelligence et fit triompher la pensée sur la forcematérielle. L’édifice spirituel commencé par ses mains, futachevé par Innocent III ; souvent ébranlé jusque dans sesfondements, il reste debout et porte fièrement le drapeaude la monarchie pontificale. D’abord pauvre moine, Hilde-brand devint bientôt cardinal et en cette qualité il dirigeaavec un rare génie la politique du saint-siège. Obéissant àses conseils, Nicolas II institua le sacré collège auquel estconfiée l’élection des papes, laissée jusqu’alors au clergé etau peuple de Rome. C’était du môme coup soustraire l’élec-tion à l’influence de la noblesse romaine et l’affranchir dudroit de confirmation qu’avait sur elle l’empereur allemand.Maître à son tour de la tiare, Grégoire VII put enfin travail-ler ouvertement à son gigantesque projet qui tendait à éle-ver le pape au-dessus de toutes les puissances terrestres età faire du représentant du Christ le maître souverain dela chrétienté. Pour y parvenir, il comptait sur la foi despeuples et sur le respect qu’on avait pour l’Église. Afind’accroître encore ce dernier sentiment, il opéra d’une mainénergique trois réformes importantes et nécessaires: il abolitla simonie ou trafic des charges de l’Église, il défendit à tout