DYNASTIES IMPÉRIALES DE FRANCONIE ET DE SOUABE 79
nouveau pénétra en Allemagne après la seconde croisade,où la noblesse de ce pays se trouva mêlée avec celle deFrance. Bientôt l’Église profita de l’élan mystique impriméà la chevalerie par ces pieuses expéditions pour y intro-duire son influence et entourer de cérémonies religieusesl’admission dans les ordres. L’aspirant chevalier dut se pré-parer à sa réception par la prière, le jeûne, la veille desarmes et la communion. Revêtu d’habits blancs, il recevaità genoux, devant l’autel, l’épée des mains du prêtre. Enprésence des chevaliers et des dames, il jurait d’être dévouéà l’Église, fidèle au souverain, loyal dans les combats, pro-tecteur de la veuve et de l’orphelin. Il était ensuite revêtude ses armes par le seigneur, qui le frappait de l’épée enlui disant : « Je te fais chevalier au nom du Père, du Filset du Saint-Esprit, » puis lui donnait l’accolade. Ensuite onlui amenait son cheval, et il devait le monter sans s’aiderdes étriers. Ces diverses cérémonies avaient chacune leursens symbolique.
Pour conférer l’ordre de la chevalerie, on choisissait d’or-dinaire une grande fête de la cour ou de l’Église; quelque-fois on armait le chevalier avant le combat ou après la vic-toire, sur le champ de bataille. L’aspirant chevalier devaitavoir servi pendant quelques années dans la suite d’un sei-gneur ou à la cour d’un prince. A partir du douzièmesiècle, on exigea qu’il fût de noble extraction; il y eut ce-pendant quelques exceptions en faveur de ceux qui justi-fiaient de leur bravoure.
Dans le principe, la noblesse d’épée ne donnait pas droitaux charges publiques, réservées à la seule aristocratie hé-réditaire, mais l’honneur, qui s’attacha bientôt au titre dechevalier, décida toute la féodalité à tâcher de l’obte-nir; elle acquit à ce changement des mœurs plus cour-toises et plus polies. Le culte de la femme, issu du culte dela Vierge, que les croisades avaient développé, devint l’âmede la chevalerie. Il eut d’abord je ne sais quoi de naïf et de