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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
règne vit fleurir les arts et la littérature du moyen âge. Ilsétaient dignes de cet honneur par leurs aspirations cons-tantes vers une grandeur idéale, leur amour pour la viva-cité brillante des esprits méridionaux et leur soif de gloireet d’immortalité. Un courant magnifique de poésie traverseleur histoire et semble demander un Shakespeare qui latraduise dignement. Le degré élevé de puissance où parvintFrédéric I‘ r fit naître une prospérité matérielle, favorable àl’éclosion des œuvres d’art et de poésie. Les expéditions desHohenstaufen en Italie mirent les Allemands en contactavec la beauté méridionale et corrigèrent la froide austéritéde leur éducation monacale. Enfin les croisades donnèrentun but religieux à l’ardeur guerrière de l’Occident et réu-nirent toute la chrétienté dans une entreprise commune quiallait ouvrir de nouveaux horizons à l’activité industrielleet artistique. L’Orient prouva une fois de plus son inépui-sable fécondité et versa dans la civilisation occidentale unélément nouveau d’idéal d’où sortit la chevalerie.
Il serait en effet superflu de chercher dans cette institu-tion quelque trace d’origine nationale. Bien que la cavalerieexistât en Allemagne dès le onzième siècle et que tout in-dividu en état de s’équiper à ses frais pût suivre l’armée enqualité de chevalier, il n’y avait rien de commun entre cettecoutume guerrière et les mœurs de la chevalerie. Celle-ciprit réellement naissance dans le midi de la France et enEspagne et naquit du contact fréquent des chrétiens avecles musulmans. Ce fut le produit naturel de l’état florissantde ces contrées, du caractère ouvert de leurs habitants, del’influence gracieuse exercée par la beauté des femmes duMidi, de la passion que l’on avait en ces lieux pour les lé-gendes héroïques et les chants joyeux des troubadours.
Les croisades firent pénétrer dans l’armée les mœurs et lecode de la chevalerie et donnèrent naissance aux ordres re-ligieux de Saint-Jean, des Templiers, etc., dont les brillantsexploits couvrirent de gloire la chevalerie militaire. L'"csprit