LA CHEVALERIE A LA COUR
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du jus d’herbes, de la bière, du vin et des épices. Les cavesdes monastères jouissaient d’une grande réputation, et lesmoines s’appliquaient à perfectionner la culture de la vigne.L’eau-de-vie ne fut employée pendant longtemps qu’en re-mède; à partir du quinzième siècle, elle vint s’ajouter auxautres boissons alcooliques.
Pour boire, on se servait d’abord de cornes dans les fo-rêts de la Germanie, et plus tard de gobelets d’étain ou debois. Au temps de la chevalerie, les maisons riches eurentdes coupes d’or, d’argent ou de cristal artistement travail-lées. Si l’on en juge par leur dimension, l’on buvait beau-coup à cette époque. Aussi les hanaps des chevaliers conte-naient de 3 à 4 litres.
A mesure que le luxe grandit, apparurent les vases pré-cieux, les bocaux, les canettes, qui, dans les maisons ai-sées s’étalèrent sur le dressoir de la salle à manger. Bientôtcommença la mode de garnir la table de fleurs et de sus-pendre au-dessus des guirlandes de roses. On faisait tou-jours deux repas principaux, désignés tous deux du nomde déjeuners , qui resta au seul repas du matin. C’était d’ail-leurs la seule manière de distinguer le jour de la nuit, lesheures entre le souper et le déjeuner étant comptées commeheures de nuit, tandis que celles entre le déjeuner et le sou-per formaient le jour, que les hommes passaient aux com-bats, à la chasse, ou à l’exercice des armes, et les femmesdans les travaux du ménage. La partie de la nuit qui n’é-tait pas réservée au sommeil était consacrée à la musique,à la prière, à la conversation, aux jeux de dés ou d’échecs,aux festins et à la danse. Une légère collation de fruits etde vin marquait d’ordinaire l’heure du coucher.
Bien différent de la prosaïque simplicité de nos jours, lecostume de la chevalerie alliait avec goût la variété et larichesse; il ne comportait que des nuances claires et poé-*