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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

que tous les poètes, Ulrich est fort content de ses vers, quine sont qu’un écho affaibli des chants de ses prédécesseurs,N’y cherchez pas la virilité intelligente et patriotique d’uuWather von der Vogelweide, vous n’éprouverez à cettelecture que fatigue et ennui. Elle a pourtant quelque attraitpour le psychologiste, qui y voit à quel degré d’aberrationla mode peut conduire* et pour l’histoire qui y retrouve letableau des mœurs de ce temps. Ulrich a bien soin, danssa préface, de nous affirmer qu’il ne raconte que des faitsréels, et nous n’avons aucun motif d’en douter; mais quelsiècle que celui où de telles aventures étaient non-seule-ment possibles, mais encore de bon ton 1 A l’âge de douzeans, Ulrich fut placé par son père en qualité de page anservice d’une châtelaine. Il y passa cinq ans. Cette dameétait-elle, comme le pense Hormayr, Agnès de Méran quiépousa d’abord le duc d’Autriche Frédéric, puis le duc Ul-rich de Carinthie? Peu nous importe. Ce qu’il y a de cer-tain, c’est que le jeune Ulrich la choisit pour la dame deses pensées, bien qu’il éprouvât quelque remords à adresserson hommage en si haut lieu. Elle était alors mariée; maissuivant la coutume importée de Provence, le page n’en futque plus amoureux. Il lui offrait des bouquets et se sentaitheureux et fier quand la main de la belle Agnès avait ef-fleuré un objet qu’il avait touché lui-même. A table il ré-servait, pour la boire ensuite avec volupté, l’eau avec la-quelle elle s’était lavé les mains. En la quittant, il lui laissason cœur. Après avoir été fait chevalier par le duc d’Au-triche, Léopold le Glorieux (1222), il fit vœu d’employer savie en exploits chevaleresques en l’honneur de sa dame.

Nous ne raconterons pas ces folles aventures qui sont loinde valoir celles du chevalier de la Manche et n’ont pas pourexcuse un si noble idéal. En effet Ulrich, à la fin de soulivre, résume ses sentiments fort prosaïques lorsqu’il pré'tend que les cinq objets les plus précieux pour l’homm 6sont de belles femmes, des mets savoureux, de beaux che*