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LA. SOCIÉTÉ BT LES MCEUKS ALLEMANDES
cygne, d’un manteau de velours blanc brodé d’or et d’unchapeau à plumes de paon. La figure couverte d’un voilequi ne laisse voir que les yeux, il chevauche par monts etpar vaux. Arrivé à Gloknitz, prés de Zeita, il va passer troisjours auprès de sa femme qui l’accueille gracieusement; nousapprenons ainsi qu’il est marié, et même qu’il a des enfants,ce qui achève de nous édifier sur la moralité de cette mas-carade mythologique et sur les mœurs d’un temps dont onvante la piété.
Cependant Agnès du Méran, loin d’être sensible à cesextravagants témoignages d’amour, n’éprouve que de lahaine pour Ulrich et le traite si durement que celui-ci en estmalade. Le sang lui sort du nez et de la bouche et il envoiede nouveaux messages pour adoucir sa maîtresse. En atten-dant, il va rejoindre son épouse, « que je ne pouvais, dit-il,pas aimer davantage, bien que j’aie choisi une autre femmepour maîtresse. » Ceci pourrait nous faire supposer que lechevalier n’avait pour Agnès qu’un sentiment platonique,mais nous verrons bientôt que malgré sa folie, il n’était passi désintéressé.
Cependant la dame finit par consentir à le recevoir àla condition qu’il subira une dernière épreuve. Il doitse présenter au château, le dimanche matin, mêléaux mendiants et aux lépreux, comme s’il était lui-mêmeatteint de la lèpre. Ulrich s’y soumet ; il fait 40 lieues pourrevoir sa belle et, revêtu d’une souquenille, portant l’écuelle,les cheveux teints en blanc, une racine dans la bouche quilui pâlit et lui enfle les lèvres, il se présente au jour ditavec trente malades, gémissant comme eux sur ses maux etsa pauvreté. Un moment il espère avoir atteint le but tantdésiré ; une des femmes de sa maîtresse l’invite à un rendez-vous nocturne pour le lendemain. Ulrich passe encore unenuit avec les lépreux dans un champ de seigle par une pluiebattante, enfin il jette sa misérable défroque et se met auguet avec son écuyer dans un fossé du château. Les ser-