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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA CHEVALERIE A LA COUR

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vantes lui tendent un drap de lit et il parvient auprès de samaîtresse qui l'attend assise sur son lit, entourée de sesfemmes. Elle s’est parée à son intention d’une fine chemisesur laquelle sont jetés une pelisse d’hermine et un manteaude velours vert. Le chevalier se met à genoux et lui demandegrâce, sollicitant la faveur de partager avec elle ce litsomptueux. Mais Agnès refuse et persisté dans sa résolutionde rester fidèle à son époux. Cependant pour calmer Ulrich,elle promit de se rendre à son désir amoureux, s’il consentà se laisser suspendre dans un drap à la fenêtre. Il est assezniais pour accepter et dès qu’il se trouve dans cette positionpérilleuse, la dame lui abandonne sa main et lui caresse lementon en lui disant de douces paroles: Ulrich perd latète, veut embrasser sa dame et tombe dans le fossé où ilse serait cassé le cou sans la protection particulière queDieu tient en réserve pour les amoureux et les ivrognes.

Le malheureux sort de là aussi mal en point que donQuichotte quand il a reçu la vigoureuse réponse de sa Dul-cinée. Quoiqu’on ait poussé la plaisanterie jusqu’à lui en-voyer des coussins pour reposer ses membres et qu’on luiait promis de le rendre heureux une autre fois, il part pourVienne et traîne encore sa chaîne pendant trois ans. Il épan-cha sa plainte dans un poème où il dit avoir pendant treizeans servi son orgueilleuse maîtresse sans en obtenir lamoindre récompense. Aussi renonce-t-il à toucher soncœur, mais comme on ne doit pas être sans amour et sansmaîtresse, il en choisit une autre à laquelle il dédie seshommages en vers et en prose. Pour cette nouvelle dame,il entreprend un voyage d’aventures, déguisé en Arthur quivient au paradis pour fonder l’ordre de la Table ronde.Nous n’insisterons pas davantage sur ces insanités quiprouvent à quel abaissement était descendue la chevalerie.

A ceux qui nous reprocheraient d’avoir dérogé à la gra-vité de l’histoire en exposant ces détails épisodiques, nousrépondrons qu'il est permis à l’historien de sourire quel-