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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

En certains lieux, les convives suivaient l'usage français naet se mettaient à table par couples. Dans d’autres, les deux et

sexes mangeaient dans des salles différentes. Le repas, as- misaisonné de propos joyeux et galants, était accompagné par na

les sons de la musique ou par les airs nouveaux que chan- la

tait un troubadour ambulant. Vers le soir, les dames assis- ta’

taient aux vêpres de la chapelle, et la société se réunissait vade nouveau pour le plaisir. C’était le moment où les joueurs pi

tentaient la fortune, où les buveurs appréciaient les res- èt

sources de la cave, où les amoureux se perdaient dans lesbosquets écartés. Puis, avant le coucher, avait lieu le bal.

La danse et le quadrille en composaient les éléments et sedistinguaient l’un de l’autre. A la danse, le cavalier offrait ne

la main à une ou deux dames et faisait avec elles le tour m

de la salle en glissant en cadence. Le quadrille se dansaiten plein air, sur la route ou dans un pré, et en sautant. Avec P*

la décadence des mœurs, les cris et les désordres envahirent P :

la danse, qui devint un amusement immoral et condamnable. 1°

Les prédicateurs tonnèrent contre ces rondes impudiques, Lt

ccs attouchements lubriques et ces embrassades licencieuses : =<

« Que Dieu garde, s’écrie l’un d’eux, tous les pieux garçons d’

de telles jeunes filles qui n’aiment à danser que la nuit pour le

se laisser toucher et embrasser sans pudeur. » di

Les diètes, les couronnements et autres fêtes semblables, 1

étaient aussi des occasions où la société élégante s’étalait ai

dans toute sa magnificence. P

Il y avait toujours foule énorme et il s’y dépensait des «

sommes fabuleuses. Citons-en deux des plus brillantes : <1

Quand Frédéric Barberousse arma son fils Henri chevalier, P

il convoqua à Mayence une diète aux fêtes de Pentecôte de P

1182. h

Toute l’aristocratie allemande y accourut; ce fût à qui s’y e '

montrerait avec plus d’éclat. L’archevêque de Cologne amenaà, lui seul une suite de quatre mille hommes d’armes. Une P

autre diète qui se réunit à Francfort en 1397, ne compre- *