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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
par laquelle pénètre une lumière éblouissante. Un cortègeimposant s’avance, précédé de deux nobles demoiselles encostume écarlate qui portent un dessus de table en grenattransparent. Six autres accompagnent la reine qui vient dé-poser devant le roi le vase de Saint-Graal. On sert un très-beau festin, d’où la joie est bannie, car le roi malade s’as-seoit tristement à la table, enveloppé d’une pelisse. Dansune chambre voisine, un vieillard à barbe blanche estétendu sur un sopha, tandis qu’un page apporte une lancetachée de sang et que toute l’assemblée pousse des gémis-sements. Parcival assiste étonné à ce spectacle, mais ilest trop discret pour oser demander le sens du mystère. S’ilavait été plus curieux, il aurait appris que le roi maladeest son oncle et qu’il pouvait le guérir par une simple ques-tion. Enfin on le conduit dans la chambre où il doit passerla nuit. A son réveil il n’aperçoit plus rien du spectacle dela veille et un vide complet s’est fait dans le château. Notrehéros, effrayé de cette solitude silencieuse, s’éloigne pour-suivi par les moqueries d’un page qui, du haut d’un donjon,lui reproche sa sotte discrétion. Peu après, il rencontre sasœur de lait, Sigune, qui tient dans ses bras le cadavre deson amant Schionatulander. Elle lui dévoile la faute qu’ila commise par son silence envers le Saint-Graal et ses gar-diens. Bientôt la vue de trois gouttes de sang sur la neigelui rappelle les larmes que son épouse Condwiramur a ver-sées à son départ. Enfin il rencontre Gawan, le suit à lacour d’Arthur et devient chevalier de la table ronde. Lesplaisirs qu’il goûte au milieu de cette brillante société netardent pas à être troublés par l'arrivée de la fée Condrie,envoyée du Graal pour maudire la discrétion du héros.Craignant de déshonorer par sa présence l’Ordre de la tableronde, Parcival se remet en campagne et rencontre dansune forêt sa sœur Sigune qui l’engage à retourner à Mont-salvage. Avant de suivre ce conseil, il visite dans unegrotte l’ermite Trevrizent qui se fait reconnaître à lui comme