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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA POÉSIE CHEVALERESQUE ROMANE

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son oncle et lui explique le mystère du vase sacré. Trevrizentapprend à son neveu que son frère, le roi du Graal, Ân-fortas, pour s’être trop livré aux plaisirs du monde, a étévaincu dans un combat parla lance empoisonnée que Par-cival a aperçue dans le château et qu’il languira j usqu’à cequ’un chevalier vienne lui demander la cause de sa souf-france. C'est même à ce signe que le roi reconnaîtra celui àqui il doit remettre le sceptre et la couronne du Graal. Laperspective d’un tel retour donne du courage au héros. Ilprovoque Gawan, le bat, revient à Montsalvage et, aprèsavoir guéri son oncle, prend possession de la relique et dusanctuaire où il règne désormais avec son épouse Condwi-ramur. Les aventures de son fils Lohengrin servent d’épi-logue au poëme et terminent dignement cette peintureépique dont les riches couleurs n’ont été surpassées nullepar 1 .

Le second chef-d'œuvre de Wolfram, le Titurel, n’a pasété achevé par le poète. Nous n’en possédons que deuxfragments, d’une facture harmonieuse, qui nous retracentdes scènes ravissantes empruntées encore au mythe duSaint-Graal. Il n’y a dans aucune poésie une peinture plusdélicate, plus tendre et p’us touchante de l’innocence d’unpremier amour.

Si l’on peut appeler Wolfram le Schiller du moyen âge,le Gœthe de la même époque sera son illustre contemporainGottfi-icd de Strasbourg, peintre habile des passions hu-maines. Tandis que la poésie de Wolfram a le ciel pourdomaine, celle de Gottfried idéalise les objets humains etterrestres. Nourri des chefs-d’œuvre de l’antiquité autantqu’on pouvait l’être de son temps, il a fait passer dans sonpoëme, Tristan et Iseult, quelque chose de la beauté hellé-nique. Il critique avec raison les tendances mystiques et as-cétiques de ses contemporains et marque ses préférences