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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA POÉSIE CHEVALERESQUE ROMANE

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ties auxquelles il se livrait avec le paysan Engelmur et sescompagnons En même temps, la poésie didactique pro-duisait le Combat de ta Wartbourg, sorte de tournoi littéraireentre les Minnesinger de profession, les chevaliers du plushaut rang et où figure même un honnête prolétaire, le ma-réchal-ferrant Barthel Regenbogen. Il est vrai de dire quece genre est bien secondaire; on y trouve pourtant çà et làquelques grains d’or. En voici un du plus pur; c’est l’apo-logie du mariage par Reinmar de Zweter. « Un seul cœur,un seul corps, une seule bouche, même courage et fidélitédans un unique amour; la timidité s’allie à la pudeur et lesdeux ne font plus qu’un, unis par l’amour. Non, l’argentni les pierres précieuses ne valent le plaisir qu’offre l’éclatde deux beaux yeux. Quand deux cœurs, liés par l’amours’unissent l’un à l’autre, le bonheur est trouvé pour tou-jours. »

La poésie didactique mène tout naturellement au conteet à la fable. Ce nouveau genre prit d'abord chez nous lenom de Bispel (exemple). L’Univers de Striker, qui paruten 1230 en est un recueil abondant. Mais Ulrich Boner(1224-1249), fut le premier qui donna à la fable son vraicaractère. Dans le Joyau, il a su cacher une moralité philo-sophique, sous le voile d’expressions à double sens.

Je crois qu’il ne sera pas hors de propos de décrire icil’idéal que se faisait la société chevaleresque de la beautéchez les femmes. Pour être belle, à cette époque, la femmedevait avoir une taille moyenne, élégante et fine. Justes pro-portions et rondeur des seins, visage blanc et rose, bouchepelite et bien fermée, lèvres amoureusement souriantes quilaissent voir la blancheur éclatante des dents, cou gracieux,bras d’une chair blanche et ferme, doigts longs et lisses,hanche arrondie, jambe droite, pied petit et cambré, tellessont les qualités que l’on recherche. Il faut encore que les