146
LA. SOCIÉTÉ ET I.ES MŒURS ALLEMAND”"
était entré dans une voie de résistance et d’opposition. f
Pendant la période des Hohenstaufen, la musique, dont r
l’effet est de rendre plus saisissantes les cérémonies du j
culte, fit de grands progrès en théorie et même en pratique. fDe nouveaux instruments furent inventés et ceux qui exis- £
taient reçurent des perfectionnements. Maître Dorwsdorf, ^
de Mayence, passe pour avoir construit en 1444 le premier rorgue à pédales; la séparation des tuyaux en registres dis- |
tincts ne date que du seizième siècle. Franko, de Cologne, £
qui vivait sous Frédéric I er , inventa le chant à mesure d’où t
sont sortis tous les progrès de l’harmonie. s
c
E
Nous en venons à un dernier produit de l’art au moyen f
âge, le théâtre religieux. Le christianisme, à ses débuts, f
se montra surtout des plus hostiles contre le théâtre; les c
écrits des Pères de l’Église abondent en sorties violentes f
contre les représentations théâtrales qui, sous les Césars,étaient devenues en effet trop licencieuses. Au lieu desnobles et saines représentations que les Eschyle et les
Sophocle offraient à la Grèce, le théâtre romain ne don- e
nait plus que des leçons d’immoralité et de brutalité,propres seulement à flatter les instincts de cruauté et de c
débauche. C’est ainsi que dans la pièce d 'Hercule furieux, le j
rôle principal fut un jour confié à un condamné à mort t
qui, pour rendre l’illusion plus complète et mener son per- j
sonnage jusqu’au bout, fut brûlé vif sur la scène. Une p
autre fois, dans une comédie, les actrices paraissaient nues f,
aux yeux des spectateurs et dans les positions les plus ob- Sl
scènes. Faut-il s’étonner après cela que saint Chrysostôme ti
appelle le théâtre la demeure du diable et l’école de l’immora - d
lité et de la débauche, le siège de la perdition et des fournaises h
babyloniennes? L’Église porta contre les histrions des lois y
cruelles; elle les retrancha de la société civile et les traita y
comme des filles de joie et des entremetteurs; défense ei