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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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l’église, la science, l’art et le théâtre

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fut faite de les admettre aux sacrements, à moins qu'ilsn’eussent renoncé à leur profession. Malgré ces anathèmes,ia tribu joyeuse des acteurs et musiciens ne put être étouf-fée. A tous les degrés de civilisation, l’homme a besoin dedistraction et d’amusements ; il recherche ceux qui les luiprocurent. Aussi les histrions, en dépit des condamnationsreligieuses, continuèrent à prospérer. Il faut croire quebeaucoup de chrétiens étaient même plus assidus au théâtrequ’à l’église et qu’ils apportaient dans les temples lesmarques de leur préférence, puisque le même prédicateurs’élève contre la manie qu’ont la plupart de ses auditeursde sautiller, gesticuler, lever les mains au ciel, etc. Les ser-mons de saint Chrysostôme eurent le sort des autres dé-fenses que l’Église a de tout temps dirigées contre le théâtre.C’est en vain que l’on a regardé la profession d’acteurcomme déshonorante et que, même de nos jours, on a par-fois refusé à quelques-uns d’entre eux les honneurs de lasépulture, l’Eglise elle-même au moyen âge céda à l’engoue-ment universel et introduisit les représentations jusque dansson sanctuaire. Les cérémonies religieuses ainsi égayéeseurent plus d’attrait, et la religion en devint plus populaire.

Le changement se fit peu à peu, insensiblement, par con-cessions et additions successives. D’ailleurs, il en est ainside tout le culte et de la pompe qu’il déploie. Aux premierstemps du christianisme., le service religieux était d’une simplicité extrême; on se réunissait fraternellement entre soipour célébrer la Cène. Plus tard ce rite primitif changea deforme; le prêtre se distingua de la communauté; il eutsa communion à part. A mesure que les germes drama-tiques contenus dans le mystère se traduisaient par undialogue entre le prêtre, le diacre et le chœur des fidèles,la représentation se divisait en actes distincts, le Confiteor,Unirait, le Kyrie, le Gloria, l’Épître, l’Évangile, le Credo, etc.L Eglise étendit même le champ de l’clément dramatiquee a ajoutant des hymnes et des dialogues où l’on célébrait