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LA SOCIETE ET LES MŒURS ALLEMANDES
dottieri, grandes compagnies), commandées par d’illustreschefs, vendirent leurs services au plus offrant; les Suisseset les lansquenets devinrent ainsi les mercenaires de l’Alle-magne. Enfin, au seizième siècle, le recrutement présida àla formation des armées modernes et l’art militaire dumoyen âge fut éclipsé.
A côté de la force, il y avait pourtant le droit, primé ilest vrai par sa rivale plus encore que de nos jours. L'Alle-magne eut de bonne heure le soin de recueillir les lois etdocuments nationaux, pour les opposer à la législationétrangère qu’on lui avait imposée. Une ordonnance de Ro-dolphe de Habsbourg introduisit la langue nationale dansla rédaction du code et fut mise en pratique par les villes àpartir du treizième siècle. Vers le même temps, on rédigeales deux recueils qui ont été la source de notre législation ;le Code de la Saxe, du chevalier Eike von Repgow, et le Cod<de la Souabe, d’un prêtre de l’Allemagne du Nord. Ceux dela Franconie et de l’Autriche vinrent plus tard. Mais toutesces législations se combattaient et une véritable anarchieprésidait à l’administration de la justice. En vain Charle-magne avait voulu y introduire l’ordre et l’unité; dès quesa puissante épée ne fut plus là pour défendre ses Capitu-laires, les coutumes locales reparurent partout ; chaquetribu reprit son droit particulier. Souvent les usages d'unbourg étaient contraires à ceux du bourg voisin; nousvoyons encore de nos jours les tristes effets de cet héritagejudiciaire. Ainsi dans le canton de Zurich, dont l’étenduen’est que 32 milles carrés, il y a vingt-cinq droits d’héritagedifférents.
La transmission des biens dans les familles avait li eacomme aujourd’hui, des ascendants aux descendants, maisles mâles étaient privilégiés. Si la propriété venait du mari,la femme était obligée de l’abandonner trente jours après