l'art militaire et la jurisprudence
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la corde, son cadavre aux oiseaux de l’air ! que son âmesoit au pouvoir du Dieu du ciel, qu’il ne possède plusrien, que sa femme soit veuve, ses enfants orphelins! »Cette sentence avait les mêmes effets que la mise au bande l’Empire. Celui contre qui elle était portée était hors laloi, chacun pouvait le tuer, sa vie et ses biens lui étaientenlevés, il était défendu de lui donner asile ou protection,sous peine d’être mis soi-même hors la loi. Les décisions dela vehme étaient plus respectées et plus rigoureusementexécutées que celle du tribunal de l’Empire, grâce à sonorganisation occulte, au pouvoir étendu et rapide dontelle disposait. Chacun des juges pouvait saisir le coupableâ toute heure et en tout lieu, et le pendre au premier arbredu chemin. L’accusateur muni de l’acte du jugement requé-rait qui bon lui semblait pour l’exécution à laquelle néan-moins devaient assister trois échevins. Une entaille au cou-teau faite à l’arbre qui avait servi de gibet était comme lasignature du tribunal. Un initié avait plus de chances qu’unautre d’être acquitté ; il lui suffisait d’être soutenu par vingtconfrères pour qu’on le remît aussitôt en liberté. Au lieu decomparaître en public, il était jugé en secret après troiscitations à quinze jours de distance, et n’était condamné àmort que s’il persistait à faire défaut.
Comme l’assignation directe eût pu faire courir des dan-gers, on se contentait de l’afficher sur les murs do la villeoù demeurait l’accusé et on enlevait trois petits morceauxde la porte principale. La condition qui faisait suivre lejugement de l’exécution immédiate du coupable ne lais-sait pas que d’amener des abus.Ainsi le duc Ulric de Wur-temberg, pour se justifier d’avoir assassiné le chevalierHans de Hutten, prétendit avoir agi en qualité de jugevehmique.
Peu à peu la puissance arbitraire dont ce tribunal dispo-sait répandit en Allemagne une terreur générale; nul n’o-sait plus élever la voix contre lui. Avec ses mille échevins ré-