168 LA SOCIÉTÉ ET LES MCEUBS ALLEMANDES
soit de l’empereur, soit d'uu prince séculier ou ecclésias-tique, et avaient pour magistrats des prévôts ou baillis ap-pelés Burggraf. Celles de l’empire prenaient part aux diètes,les autres aux assemblées des seigneurs territoriaux; uniesles unes et les autres, elles obtinrent de leur suzerain parachat, les droits de justice, de monnayage et de marché,qu’elles confièrent à des conseillers élus que présidaitle bourgmestre. Ce premier pas les mena insensiblement,à mesure que la puissance impériale s’affaiblit, tandisqu’elles mêmes accroissaient leur population et leur ri-chesse, à se constituer en petites républiques ou communeslibres. En face de l’élément aristocratique s’éleva l’élémentdémocratique, formé par les différentes corporations quirefusèrent de payer un impôt, établi d’abord pour garantirla profession, et qui avait fini par prendre un caractère po-litique. Ces corporations de métiers furent chargées de ladéfense militaire des remparts, et leurs maîtres ou ancienss’exposaient, à leur tête, à tous les dangers de la guerre.Elles avaient des hôtels particuliers pour la danse, la déli-bération des affaires et les festins, un drapeau et des armesau maniement desquelles on consacrait les heures de loisir.Grâce à leur nombre, elles secouèrent le joug des patriciens,repoussèrent les agressions des brigands féodaux, obtinrentle droit de bourgeoisie, l’accès aux emplois, parvinrentmême dans beaucoup de villes à supplanter les nobles et àremplacer la constitution aristocratique par une constitu-tion démocratique. Il n’y eut que quelques communes, cellede Nuremberg, par exemple, qui conservèrent le régime pa-tricien jusqu’au temps de la Réforme.
■Voilà, comment le peuple passe peu à peu de l’état deservage à une autonomie républicaine, tandis que l’idéede réforme s’introduit dans le domaine religieux. Partouton vise à s’affranchir et la liberté arbore son drapeaurévolutionnaire contre l’immobilité et l’oppression dumoyen Age. Il y aurait ingratitude de notre part de ne pas