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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

geoisie commençait à y contrebalancer l’influence aristo-cratique. Cependant, ne se sentant pas encore puissante,elle réclama la protection de Rodolphe de Habsbourg qui,élu bientôt roi d’Allemagne, confirma à Zurich ses privi-lèges de ville immédiate de l’empire. Albert, fils de ceprince, se montra également favorable et les Zurichoisprirent une part active à la vengeance que l'on tira des-as-sassins de ce roi.

Il est vrai que les démêlés entre Frédéric d’Autriche etLouis de Bavière qui se disputaient la couronne firent cou-rir à Zurich quelques dangers heureusement évités; la ville,tombée au pouvoir du premier, acquit au commencementdu quatorzième siècle, par la réforme constitutionnelle deBrunn, assez de liberté civile et d’indépendance pour n’a-voir plus rien à craindre. A ce moment le besoin d’éman-cipation s’était éveillé chez les ouvriers, et les corporationsréclamèrent leur part à l’administration de la ville. Ellestrouvèrent un appui important dans le chevalier RudolfBrunn qui leur fit obtenir la constitution équitable de 1336.Malgré l’opposition des familles aristocratiques, il donna àl’administration communale la forme suivante : toute labourgeoisie fut divisée en deux classes, les constables etles corporations; la constablerie qui comprenait tout cequ’il y avait de riches et de commerçants, fournit treizeconseillers municipaux, de six mois en six mois; un nombreégal fut pris dans les corporations d’ouvriers et ces vingt-siïmagistrats formèrent un conseil présidé par le maire. Bienque ce ne fût pas là une constitution absolument démocra-tique, elle n'en assura pas moins à Zurich une prospéritécroissante. Il est à remarquer d’ailleurs, que l’influence del’aristocratie se soutint mieux dans l’Allemagne du Sudque dans le nord, contrairement à ce que nous voyons au-jourd'hui. Car tandis que dans l’ouest-sud la démocra-tie triomphe, au nord l’esprit de soumission va grandis-sant sous l’action toute-puissante du clergé.