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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIETE ET LES MŒURS ALLEMANDES

moyen âge aimait à construire des monuments d’un grandstyle et d’une grande richesse, tandis qu’elle n’avait pourse loger que des demeures incommodes et d’un goût quinous paraît mesquin. A Francfort-sur-le-Mein, viJle des plusimportantes cependant, on ne vit jusqu’au quatorzièmesiècle que des toits de chaume et de planches percés d’untrou pour laisser passer la fumée. On comprend que lesincendies fussent fréquents et dangereux, d’autant plus queles pompes étant à peu près inconnues, on ne se servaitque de seaux pour les éteindre. La première pompe àfeu dont il soit fait mention est celle d’Augsbourg, en 1518.

Pourtant les progrès de la civilisation amenèrent bientôtde grands changements dans les maisons particulières etles riches commerçants se tirent bâtir de tiers palais patri-ciens, embellis de tout le luxe du quatorzième et du sei-zième siècles, dont les caves se garnirent de vins généreux,tandis que les corporations d’ouvriers continuaient à boirela bière dans leurs hôtelleries. Dès lors les villes prirent unaspect convenable et propre; on débarrassa les rues des tasde fumier qui se trouvaient devant les maisons et on com-mença à les parer. Cette dernière réforme, adoptée à Parisdès 1185, ne s’introduit en Allemagne qu’au quatorzièmesiècle.

Il n’était pas question d’alignement ni de régularité;chaque ville formait un labyrinthe de rues étroites et hu-mides, telles que l’on peut en voir encore dans les quar-tiers où les Juifs étaient parqués. Il n’y eut que Cologne etStrasbourg où les règlements de police empêchèrent d’en-tasser étages sur étages et pourvurent à la libre circulationde l’air.

Toute maison bourgeoise s’ouvrait par un large corridoroù s’entassaient les marchandises, puis on montait un esca-lier spacieux pour pénétrer dans des appartements d’ordi-naire assez étroits.

Si l’on veut se rendre compte de la transformation qui