BOURGEOIS ET PAYSANS
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ter un costume particulier : à Leipsig, par exemple, ellesavaient un manteau jaune, à Brandebourg bleu, à Berneet à Zurich des coiffures rouges, à Augsbourg une raie verteau voile. La veille des jours fériés et des dimanches, leursmaisons étaient fermées par mesure d’ordre public. Ellesdevaient l’être toujours aux hommes mariés, aux clercset aux juifs, mais la défense n’était sérieuse que contre cesderniers qui furent parfois, pour l’avoir violée, punis de lapeine capitale. De même on condamnait à mort les chré-tiens qui avaient eu commerce avec une juive. Il est bienentendu que l’accès de ces maisons était interdit auxfemmes mariées et qu’elles n’en étaient que plus curieusesde savoir ce qui s’y passait. En 1476 de riches bourgeoisesde Lubeck se rendirent la nuit sous un déguisement dansl’un de ces taudis pour s’y livrer aux mêmes excès queMessaiine. Enfin l’autorité municipale porta la sollicitudeen quelques villes, jusqu’à s’inquiéter des mets que l’onservait à ces créatures et des sommes qu’elles pouvaientdevoir à leurs hôteliers.
Le vrai service rendu par le vice à la morale publiquefut de diminuer le nombre des infanticides. Nous trouvonsà Nuremberg, au commencement du seizième siècle, unemaison d’enfants trouvés, institution qui existait en Italiedepuis le huitième siècle. Il n’y en avait cependant pas àFrancfort, mais nous en voyons à Fribourg en Brigau et àUlm au quatorzième siècle. Celle de cette dernière villecomptait même, au seizième siècle, plus de deux cents en-fants trouvés.
Les filles de joie affluaient à toutes les fêtes et réunions.Eu 1394, pendant le parlement de Francfort, il en arriva800; en 1814, 1,500 femmes vagabondes s’empressèrentd accourir à Constance.
La - suppression des maisons publiques coïncide avec1 apparition de la syphilis qui tout d’abord causa en Europedes ravages épouvantables. Les médecins ne sachant com-