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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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BOURGEOIS ET PAYSANS

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s’amusait aux jeux de hasard, aux courses de chevaux.Voici, d'après un vieil écrivain, le tableau de l’une de cesréunions : « En 1470, la ville d’Augsbourg avait organiséune fête de tir qui attira quatre cent soixante-six tireurs,parmi lesquels deux princes de Bavière, Othon, princede Henneberg, trois comtes de Montfort et un d’Œtingen,quatre chevaliers et beaucoup de gentils hommes. Il y avaitquarante lots dont le principal était une coupe en argentde cent florins; Urban Schweitzer de Dunkel-Spuhl laremporta avec douze coups francs. On organisa divers autresjeux et combats dont le prix de 45 florins fut remporté parVolfgang, duc de Bavière, puis une loterie de 36,664 bil-lets dont le gros lot, 40 florins, fut gagné par AugustinKoch de Gmund. La ville offrit l’hospitalité à tous les ti-reurs sous de grandes tentes installées à cet effet. » Les fraisde cette fête s’élevèrent à 2,208 florins.

Souvent les cercles bourgeois organisaient des tournoisauxquels ils conviaient la noblesse et qui se terminaientpar un bal somptueux où ils dansaient ensemble. Les em-pereurs et les rois ne dédaignaient pas d’y paraître. Lesmariages étaient aussi une occasion de fêtes magnifiques,particulièrement à Augsbourg où brillaient les Fugger, cesRothschild du seizième siècle. Un simple artisan, le boulan-ger Veit, invita deux cent soixante-dix personnes à la nocede sa fille et fit dresser soixante tables. On y fit pendant sixjours une telle débauche de viandes et de vins que le sep-tième plusieurs convives tombèrent morts. Il n’y eut pas jus-qu’aux funérailles qui ne devinrent une occasion de fes-toyer, coutume qui s’est conservée dans quelaues localitésrurales et qui a l’inconvénient de faire entendre des cris dejoie dans une maison affligée par le deuil. Un auteur dumoyen âge, Frank, dans son Livre du monde, édité en 1534,nous initie aux rites funèbres. « Le cimetière se trouved’ordinaire à côté de l’église. Quand une personne toucheà ses derniers moments, le prêtre lui porte le vatique.

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