BOURGEOIS ET PAYSANS
183
échos et qui a fait faire à l’harmonie de si grands progrèsdepuis trois siècles.
Dès 1320, nous trouvons sur les bords du Rhin des usinesoù l’on fabrique le papier avec des chiffons, et déjà la gra-vure sur bois prépare le chemin à l’imprimerie. Un citoyende Mayence, Jean Guttenberg, longtemps domicilié à Stras-bourg, a le premier l’ingénieuse idée d’appliquer la stylo-graphie à la reproduction des livres. Il parvint, en 1454, àgraver des lettres isolées sur des caractères en bois, de ma-nière à former les mots, et il imprime la Vulgate lorsque,avec le concours de l’orfèvre Faust et du fondeur Schaeffer,il a remplacé dans les caractères le bois par le métal. Cegrand inventeur n’a pas échappé à l’ingratitude qui attendl’homme de génie, et il a passé par toutes les souffrances etles humiliations. Il ne cessa point cependant de perfection-ner son art, qui, Selon l’esprit de corporation qui régnaitau moyen âge, fut d’abord pratiqué en secret. Les ouvriersd’imprimerie de Mayence, dispersés en 1462 par les trou-bles de la guerre, portèrent l’invention au dehors.
Pour faire progresser le commerce et l’industrie, il fautdonner du développement à la culture intellectuelle ; aussivoyons-nous les villes allemandes créer des établissementspour l’instruction de la classe bourgeoise. L’exemple nousvint encore d’au delà des Alpes. Milan, Florence Bolo-gne , etc., avaient des écoles célèbres depuis la secondemoitié du douzième siècle. Les plus anciennes en Alle-magne furent celles de Lubeck, Hambourg, Stcttin, Vienneet Cologne. On y enseignait la lecture, l’écriture et les prin-cipes de la religion. Mais le clergé, qui avait eu jusque-làle monopole de la calligraphie, si lucratif avant l’inventionde Guttenberg, leur suscita des obstacles dont la bourgeoi-sie triompha. Ce furent des moines, des étudiants vaga-bonds qui, moyennant salaire, furent chargés de donner1 instruction primaire, en même temps que se formaientdes écoles supérieures où le principal maître ou recteur en-