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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
seignait le latin, tandis que son second professait l’écriture,la lecture, le chant, la religion.
L’Allemagne n’a pas eu de Froissart pour lui laisser unbrillant tableau des faits d’armes et tournois chevaleres-ques. Nos chroniqueurs n’ont décrit que des épisodes lo-caux et particuliers. Il y a cependant deux de leurs ou-vrages qui sont utiles à l’histoire de la civilisation; ce sontla Chronique alsacienne et strasbourgeoise, de Jacob Twenger,de Kœnigshofen, et la Chronique de Limbourg, du clercGensbein.
Tandis que la prose se prêtait aux correspondances ducommerce, aux récits de l’histoire et aux actes diplomati-ques des chancelleries, la poésie, échappée des mains bru-tales des chevaliers, prenait une allure bourgeoise dans leMeistergesang, chant des maîtres. Réunis en corporationcomme les artisans, d’après l’exemple que Frauenlob leuravait, le premier, donné à Mayence, les poètes bourgeoisse multiplièrent par tout le pays et reçurent les faveurs del’empereur Charles IV. D’importantes sociétés de chant sefondaient aussi à Mayence, Francfort, Strasbourg, Nurem-berg, Augsbourg et Ulm. Elles suivaient une règle poétique,désignée sous le nom de tabulatur. L’après-midi des di-manches se passait à chanter à l’église ou à l’hôtel de ville,et malgré les horreurs de la guerre de Trente Ans, les chantsse continuèrent jusques vers la fin du dix-huitième siècle.En 1770, ils furent entendus à Nuremberg pour la dernièrefois ; mais le Meistergesang ne s’éteignit à Ulm qu’en 1839pour se fondre dans la société chorale de cette ville.
A la découverte de l’imprimerie, la littérature reçut uneimpulsion vigoureuse. Tant que l’on écrivit sur le papyrus,les manuscrits eurent la forme de rôle ; puis vint l'usage du)parchemin, et Ton commença à les relier en livres. Quand ion voulait se distinguer, on employait un parchemin teinten pourpre et une encre dorée ou argentée ; l’encre ordi-,naire était fabriquée avec de la noix de galle, du vitriol et