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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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I.A SOCIÉTÉ RT LES MŒURS ALLEMANDES

outre la nourriture, recevait tantôt 6 liards, tantôt 10 ou 15.Un étudiant d’Erfurt, en 1443, paya à un tailleur 12 gros(le gros vaut 12 centimes) pour façon de vestes, manteau etpantalon, et donna à l’ouvrier 3 liards de pourboire. Lemême payait 3 gros une paire de souliers. En 1355, onvendit à Bâle des maisons pour 3 livres, mais en 1400 et1430 elles attaignaient 60 livres. Pendant le fameux concilede Constance (1400-1418), la livre de bœuf valait 3 pfen-nigs (3 centimes). En 1450, on payait à Bayreuth la mesurede seigle 21 pfennigs, l’orge 18, l'avoine 13. En 1488, àSchweinfurt, une oie coûtait 8 pfennigs, la tonne de harengs6 florins, la livre de sucre 4 livres et 8 pfennigs.

A mesure que le prix des denrées augmenta, l’agricul-ture fut mieux pratiquée. L’étendue de terre cultivées s’é-tait fort accrue depuis les Carlo vin giens, bien qu’il y eûtencore de vastes forêts remplies d’ours et de loups. Le bléétait au premier rang des produits et les pâturages prenaientplus d’importance avec les développements du commerce.On cultivait aussi le lin, la navette, le pavot, les plantes àteinture et les épices comme l’anis, le safran, la réglisse, etc.Autour des villes on produisait de grandes quantités dehoublon. La vigne prospéra surtout sur les bords du Rhin,du Mein et du Neckar et le vigneron du moyen âge semontra aussi expert que celui de nos jours; quant au bétail,il paissait en liberté pendant la belle saison dans les pâtu-rages et les forêts communales; cependant l’éducation deschevaux demandait beaucoup de soin, vu le haut prix quela chevalerie avait donné à ce noble animal. L’énorme con-sommation de ciei’ges pour le culte exigeait un grand nom-bre de ruches, bien qu’on employa aussi à cette fabricationle miel des abeilles sauvages. Le prix toujours croissant dubois, surtout des bois de construction, donna de l’impor-tance à la culture des forêts et fit nommer des gardes pourveiller à leur conservation.

Il semblerait tout naturel que la condition des paysans