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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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MA&IE ET PROCÈS DES SORCIERS

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qui, par la transposition de la lettre m, signifie me a Rcnata.Le diable voulait indiquer par là qu’elle était née de nou-veau pour lui, A douze ans, elle occupait déjà une placed’honneur près du trône de l’enfer; à dix-neuf, ses parentsla firent entrer au couvent des Prémontrôes, célèbre de touttemps par sa discipline sévère et la vertu de ses habitants.Elle entra sans doute dans cette pieuse retraite pour y jeterla semence d’enfer et préparer la moisson du diable. Dissi-mulant ses vices, elle prit un air chaste. Toujours la pre-mière à l’office, elle était la dernière à sortir et édifiait sonentourage par une vie exemplaire. Son intelligence, supé-rieure à celle de ses compagnes, la fit choisir pour abbesse.Mais c’est en vain que l’esprit du mal ne cessa de la tour-menter pour qu’elle séduisît les autres sœurs et leur com-muniquât les secrets magiques, elle avoue qu’il n’y en apas une seule à qui elle ait osé en parler ouvertement pen-dant tout son séjour au couvent, tant leur vertu était so-lide. Le diable, irrité et déçu dans ses espérances, s’acharnacontre le corps des religieuses, n’ayant pu perdre leur âme.Dieu voulut par cette épreuve purifier leur vertu comme lefeu purifie l’or. Renata communiqua des maladies doulou-reuses à quatre sœurs, soit en leur insufflant un air impur,soit avec des infusions d’herbes et de racines. Elle fit en-trer des démons dans le corps de cinq autres. On ne con-naît pas le mal qu’elle a fait au dehors et qui doit être con-sidérable. Enfin le bon Dieu, pour mettre fin à cesmaléfices, poussa l’une des sœurs à se confier au prieur.Celui-ci, homme raisonnable et discret, la réprimanda etlui conseilla de se préparer à mourir chrétie'inement, au lieude perdre son âme par de fausses accusations Comme lasorcière continuait à tourmenter les sœurs pendant la nuit,l’une d’elles prit une discipline et la fustigea. Le lende-main, elle raconta le fait au supérieur, et l’on reconnut surla figure de l’abbesse la trace des coups. Les esprits dontelle était possédée se virent forcés par les exorcismes d’a- 1