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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

vouer leurs méfaits. Renata ainsi reconnue pour l’uniquecause des'malheurs du couvent, fut, sur l’ordre du prieur,arrêtée au sortir de l’église. On ne lui permit pas de remon-ter dans sa chambre, où l’on trouva un pot de graisse, dela racine magique, des herbes et la robe jaune qu’elle met-tait pour se rendre au sabbat. Devant ces témoignages ac-cablants, elle avoua son pacte infernal, promit de le rom-pre et de revenir à Dieu. On lui enleva ses vêtements dereligieuse et, afin que sa présence ne souillât plus le cou-vent, on l’enferma au château, où elle fit une confessiongénérale, donnant tous les signes extérieurs du repentir.Dieu seul peut savoir si ses regrets étaient sincères. »

Sur ses aveux, les juges la condamnèrent : 1» Commesorcière; 2» pour avoir fait un pacte avec Lucifer; 3» pourêtre marquée d’un signe magique; 4» pour s’être rendue ausabbat; 5» pour avoir adjuré Dieu, la vierge et les sacre-ments ; 6» pour avoir eu des rendez-vous intimes avec lediable ; 7° pour avoir enseigné la sorcellerie â trois per-sonnes du couvent; 8° pour avoir fait des souris, etc., etc.En raison de ces actes impies, elle était privée de touteliberté et remise aux mains des juges temporels, que l’onpriait hypocritement de la traiter avec miséricorde,

J’ai dit que Renata fut la dernière victime de la persécu-tion en Allemagne. 11 y en eut encore une à Glaris, enSuisse, l’année 1782. La victime fut une domestique, AnnaGoeld, poursuivie pour avoir, par ses sortilèges, estropié unenfant, lui avoir fait rendre des épingles et fait mangcfdupain d’épice qu'elle avait reçu du diable. En Pologne et enHongrie, les sorciers continuèrent d’être poursuivis, tant ilest difficile d’extirper la superstition de l'esprit despeuples.