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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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l’art et la littérature

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noire qui popularisa les tableaux de batailles de Rjigendaset les portraits de Kneller.

En fait de musique, l’Allemagne avait tout emprunté dudehors, sauf le lied populaire. Mais remuée dans toutes sesfibres par le souffle de la Réforme, elle retrouva là aussi souoriginalité propre. Luther, à la faveur de l’exaltation dessentiments religieux, inspira au chant d’église un admi-rable caractère. D’autres compositeurs, Jean Walter etLouis Senfl lui donnèrent sa forme artistique. La musiqueinstrumentale fut également modifiée par la constructiondes instruments dont Nuremberg eut surtout le monopole.Des sociétés, formées d’abord dans les chapelles princières,allèrent jouer aux fêtes des villes et trouvèrent bientôt uneposition assurée, grâce à l’introduction de l’opéra qui nousvint d’Italie au dix-septième siècle. Daphné, composé parSchütz et traduit par Opitz fut le premier drame lyriquejoué en Allemagne (1627). Malheureusement le spectaclefut aussitôt corrompu par des ballets voluptueux qui éner-vèrent la musique et lui firent abandonner la voie sévère oùelle était entrée sur les pas du protestantisme. Des maîtresde chapelle tels que Reinhard Kayser (1673-1739) composè-rent plus de cent opéras à cinquante thalers chaque. JeanAdolphe Hasse (1699-1783) et Jean Henri Graun (1701-1759), pour plaire au mauvais goût des cours, adoptèrentle style sensuel et léger de l’Italie. Pourtant Graun prouvapar son oratorio, la mort de Jésus, qu’il était capable de ren-dre le sentiment national dans toute sa pureté. Son con-temporain Sébastien Bach, né à Eisenach en 1685 et mort àLeipsig en 1750, fut le vrai créateur de la musique alle-mande. Sans rival jusqu’ici dans les compositions sacrées,il a laissé un chef-d’œuvre inimitable, l’oratorio de la Nati-vité de Jésus. eut pour émule Frédéric Haendel, mort àLondresen 1759, auteur de plusieurs oratorios remarquables,Athulie, Saùl, le Messie, Judas Machahàe. Nous verrons au li-v re suivant Gluck, Haydn, Mozart et Beethoven marcher