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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

il faut ajouter quatre voix accordées aux comtes et deuxaux prélats. Les villes libres étaient divisées en deux bans, leban rhénan et le ban souabe, qui disposaient, l’un de quatorzel’autre de trente-sept voix. Il n’était plus questionde la pré-sence de l'empereur ; Léopold I er fut le dernier quifigura enpersonne à la diète de Ratisbonne, en 1663. A partir decette année, de périodique qu’elle était auparavant, ladiète devint permanente, le danger des Turcs et l’hostilitéde la France exigeant qu’elle prît des affaires un soin conti-nuel. Cette modification transforma les représentants desvilles en véritables ambassadeurs.

La diète, présidée par l’électeur de Mayence, procédai*avec lenteur et minutie, négligeant et sacrifiant aux tripo-tage des bureaux les intérêts les plus précieux de l’État -Pour chaque affaire, la discussion commençait par la pré-sentation d’une proposition impériale et se terminait, aprèsde laborieux débats, par un vote que l’empereur pouvaitratifier ou rejeter. Dans ce dernier cas, la lourde machinerecommençait à fonctionner, mais le droit de veto étaitretiré à l’empereur pour toute question pendante entre lescollèges. On confiait les affaires importantes à des com-missions ou députations choisies par l’assemblée, d’oùl’expression « Décret des députations de l’Empire. » Quand ils’agissait de différends entre les deux religions, les débatsse prolongeaient à l’inûni. Il n’était plus question des abusde pouvoir commis par l’empereur ouïes princes; d’ailleurssi la diète venait par hasard à s’en occuper, elle était orga-nisée de façon que ses décrets restaient sans exécution, cequi la rendait la risée de l’Allemagne et de l’étranger.

On se moquait également de l’Empire, surtout depuis salâche conduite pendant la guerre de Sept Ans. Il faut ledire aussi, l’Empire n’avait pas proprement d’armée active;oe qu’on appelait de ce nom n’était qu’un ramassis devauriens et d’invalides.

Chaque cercle fournissait son corps d’armée et lui don-