l’état kt l’église
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naît un commandant ainsi qu'une caisse du trésor de laguerre. Mais l’équipement, la discipline, toute l’organisa-tion allait à vau-l’eau, ce qui fait que les opérations mili-taires étaient aussi mal dirigées par les délibérations de ladiète. Même routine entravait les cours de justice deWetzlar et de Vienne, dont les attributions étaient mal dé-finies et qui éternisaient les procès pendant des siècles à tra-vers l’océan des procédures, mais qui eurent du moins lej mérite de contenir quelquefois la tyrannie des souverains.
| Notre pays épuisa ses forces pendant le dernier siècle à; de misérables guerres enfantées par l’intrigue des cabinetset l’ambition des maisons régnantes. Après la guerre de lasuccession d’Espagne et celle de la succesion d’Autriche,nous eûmes la guerre de Sept Ans et, quelque temps après,la lutte insensée contre la Révolution française, dans la-quelle l’Allemagne montra toute son impuissance. Ce fut lebeau temps du despotisme monarchique, et nous le voyonspendant toute cette période, dans son complet épanouis-sement.
Le roi-soldat, Frédéric-Guillaume I er , comprenant quel’existence politique de la Prusse dépendait du nombre deses soldats, avait porté à quatre-vingt-dix mille hommes1 armée que son père lui avait laissée de trente mille. Pourla recruter, il eut recours aux enrôlements forcés qu’auto-risait, suivant lui, la parole de l’Écriture, qui permet auxrois de prendre « les valets et les servantes, les fils et leséoes. » Un seul fait suffira pour montrer à quel abus cedroit fut poussé par ses recruteurs. L’un d’eux, le baronde Hompescb, ayant jeté son dévolu sur un magnifique me-nuisier du comté de Juliers, lui commanda une caisse quifit assez grande pour le contenir. Le jour de la livraison,d prétendit qu’elle était trop courte et décida le menuisierà prouver le contraire en s’y couchant. Aussitôt ses gensfermèrent le couvercle et emportèrent le malheureux me-nuisier que l’on trouva asphyxié en arrivant à destination;