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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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l état et l’église

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(jais, Goerres s’écria avec jubilation, dans son journal la.Feuille rouge : « Citoyens, l’intégrité de l’empire est détruite,Mayence nous appartient ! Vive la république française ! »Et il ajoutait avec la même joie amère : « Le 10 décembre1797, le jour de la capitulation de Mayence, à trois heuresdu soir, est mort dans le Seigneur, à Ratisbonne, à l’âgede neuf cent cinquante-cinq ans cinq mois et vingt-huitjours, le saint empire romain, à la suite d’une anémie com-pliquée d’apoplexie foudroyante. Seigneur, pourquoi as-tuversé ta coupe de colère sur cette bonne bête ? Elle brou-tait si innocemment dans les pâturages de ses pères; elle selaissait tondre comme une brebis six fois par an ; elle étaitdouce et tranquille comme l’ànesse aux grandes oreilles,qui ne rue que rarement, quand de méchants garçons luibrûlent les oreilles avec de l'amadou ou lui enduisent lederrière avec de l’huile de térébenthine. »

Voilà où nous en étions : un Allemand avait le droitet se faisait gloire d’insulter sa patrie en ruine, leçon ter-rible, pleine de tristes et sévères enseignements! Mais lesdestinées de l’Empire n’étaient pas achevées; après la paixde Lunéville (1801), qui donna à la France toute la rivegauche du Rhin, vint le décret de Ratisbonne, dicté parles ambassadeurs français et russes, qui partagea le paysentre les souverains allemands et produisit une anarchieinextricable. Sous prétexte de confédération du Rhin, nosprinces, pour devenir rois et grands-ducs par la grâce deNapoléon, se firent les satrapes de l’homme qui avaitétouffé la république française, et qui, poussé par la soif desconquêtes, inondait l’Allemagne de sang. L’abdication del’empereur François II, qui eut lieu le 1 er août 1806, passainaperçue. Il n’y eut aucune dignité dans la façon dontsuccomba l’empire romain ; il disparut comme un comé-dien Domade que les sifflets des polissons chassent de sestréteaux branlants. A partir de ce moment, l’Allemagne,traînée à la remorque du tyran qui faisait de la destruction