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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

moyen âge, le luthéranisme, la liberté chantée par Schilleret la révélation introduite par Kant ; le tout saupoudré dejacobinisme se serait résumé en une république démocra-tique présidée par un empereur romantique. Plus tard ceséléments disparates se divisèrent et firent place à l’idéed’une république nationale sur laquelle influèrent le car-bonarisme italien et les sociétés secrètes de France. Enrevenant s’asseoir sur les bancs de l’Université au sortir dela guerre, la jeunesse y rapportait ses généreux instincts.

De tout temps il y a eu échange d’influence entre lesécoles et la vie nationale. A ce moment les universitésdevinrent l’asile des romantiques auquel Jahn et Guts-muths ajoutèrent un élément nouveau par la gymnastique,ainsi que par la devise pieux et libres. Encouragée par sesprofesseurs, la jeunesse académique se voua au patriotismeet se servit à cet effet de l’association. Une société d’étu-diants se forma à Berlin sous le nom de Burschenschaft.

De plus, le compagnonnage fut rétabli le 12 juin 1845,à Iena, centre des universités. Le mouvement fit de ra-pides progrès malgré l’opposition des anciens corps et seposa en antagonisme démocratique du despotisme royal.ily avait parmi les jeunes gens un sentiment droit qui leurfaisait se proposer un but élevé et leur inspirait la penséed’honorer leur patrie en acquérant de solides connaissances.Il produisit de meilleurs fruits que l’ancien arbre acadé-mique sans exclure d’abord l’humeur joviale. Ce n’est queplus tard, par l’introduction des Vieux Allemands dans laBurschenschaft que l’on tomba dans un ascétisme quicachait bien de l’hypocrisie; que l’on renonça à la danse,aux plaisirs de la table et de l’amour et que l’on exclut lesjuifs. Pour mieux se distinguer encore, on prit le costumevieux allemand, redingote courte, large col de chemiserabattu, cou nu, cheveux longs recouverts d’un béret noirorné d’un gland d’or ou d’une plume. Beaucoup de jeunesgens ne voyaient dans l’association qu’un amusement, un