ROMANTIQUES ET LIBERAUX
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Il y revendiqua les folies les plus absurdes du moyen âge,plaida pour tous les actes de superstition, pour le procès dessorcières et pour le saint-office, et mérita que Heine lui fitcette épitaphe : « Goerres est mort ; plus d’une larme s’estéchappée de la fente rouge de son œil sur l’abolition dusaint-office. » Pour être juste envers tous les partis,disons que le luthéranisme se montra aussi ardent quele catholicisme dans cette œuvre de réaction, les pié-tistes au Nord travaillèrent avec autant de zèle queles jésuites au Sud. En Prusse florissait le principe chré-tien germanique, ce caméléon romantique devant lequeltout Berlinois fléchissait le genou; les juifs convertis don-naient l’exemple ; c’était comme un concours de dévotionentre les ecclésiastiques, les savants, les fonctionnaires etles officiers.
Le mot même de Constitution sonnait mal à l’oreille desgrands. Un jour que l’empereur François était légèrementindisposé, son médecin lui dit que cela ne serait rien, vuson excellente constitution : « Que dites-vous-là ? s’écriaFrançois avec colère, que je n’entende plus ce mot, ditesune forte nature, une bonne complexion, mais de bonneconstitution, il n’y en a pas. »
Lui qui dans ses jours d’infortune avait dit qu’il fallaitcompter avec les peuples, se reprenait maintenant :
« Les peuples! qu’est-ce que cela? Je n’en connais pas;je ne connais que des sujets. »
Dans son testament il légua à ses peuples son amour !
Quoique le congrès de Vienne eût complètement déçu lesespérances qu’avait fait naître la guerre de la délivrance,l’enthousiasme patriotique persista dans le cœur de la jeu-nesse, parce qu’elle attribuait au romantisme une autresignification que Haller et que Gentz. Elle voulait uneAllemagne grande et unie; cette idée lui paraissait claire,bien qu’elle ne formât qu’une image confuse où se des-sinait vaguement l’ancien teutonisme, la chevalerie du