LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
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et de l’élégance. Les progrès accomplis à la même époquedans les arts accessoires prouvent combien notre génie estinventif aussi bien que patient et laborieux. La musiqueproduisit des compositeurs célèbres, Weber, Mendelsohn,Bertholdy, Spohr, Meyerbeer, Schubert, Wagner, etc., qui,malgré leur incontestable talent, n’ont pas éclipsé Mozartni Beethoven. Dans l’art dramatique, Seydelman, Devrient,Anschutz et Doering se sont montrés dignes de nos maîtresclassiques.
Les gouvernements qui, de 1320 à 1830, firent la police del’Allemagne et y étouffèrent la vie publique, aimaient par-fois à parler de leur principe chrétien-germanique, à vanterla fidélité et la piété allemandes ; cela leur arrivait surtoutquand il s’agissait de combattre le libéralisme dont Mon-tesquieu a fait une admirable exposition dans son Esprit deslois.
Originaire de nos contrées, cette théorie est devenuel’évangile de la bourgeoisie européenne. Appelée au pouvoirpar la Révolution de 1789, la bourgeoisie prit dans l’Étatune position prépondérante à partir de Louis XVIII. En Al-lemagne elle vit aussi s’élargir ses droits et son importancepar les constitutions qui furent promulguées après la guerrede la délivrance. Le libéralisme réclamait la liberté de lapresse et l’abolition de la censure, le droit de réunion, plusde justice dans la politique des cabinets, une plus grandeautonomie de l’administration communale, l’émancipationdes juifs et le droit pour la nation d’être représentée à ladiète fédérale.
Certes rien n’était plus fondé que ces revendications niplus juste. Un coup d’œil sur l’état de nos tribunaux dansla première moitié de ce siècle suffit pour convaincre de ianécessité d’une réforme. On avait aboli, il est vrai, les ins-truments de torture, mais non la torture elle-même. Le