ROMANTIQUES ET LIBÉRAUX
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tion comptait sur le mécontentement de l’Allemagne, surl’émotion produite par les journées de juillet, sur i’insur-rection de Pologne; elle se berçait de l'illusion que l’Alle-mand, si enthousiaste pour la liberté des Polonais et desGrecs, finiraitpar s’exalter pour sa liberté personnelle, erreurfâcheuse qui apprit aux démagogues, ainsi qu’on les nom-mait, que si l’histoire de France procède quelquefois parbonds, il n’en est pas de même de celle de l’Allemagne. Lepeuple en général resta indiffèrent à leur agitation; lescampagnes surtout n’y comprirent rien. Un démocrateWurtembergeois, après beaucoup d’efforts, réussit à gagnerdeux paysans à sa cause, mais il s’aperçut aussitôt que l’und’eux était un piétiste convaincu que la venue de l’Antéchristserait précédée d’une grande révolution et hâterait ainsil’avènement du règne des saints.
A la fête de Hambach (mai 1832), vague démonstration duparti révolutionnaire, le Parlement répondit par des or-donnances (28 juin et 5 juillet), destinées à sauvegarderl’ordre et la paix et qui rendaient plus serré le réseau de lapolice. En vain on eut recours au pitoyable attentat deFrancfort (1833) et au complot militaire-de Koseriz dans leWurtemberg, la réaction se contenta de faire exécuter lesdécrets de la conférence de Vienne et organisa la chasse auxpolitiques.
Ces mesures amenèrent un calme plat que troublait àpeine l’opposition des chambres au parlement. La résis-tance passive qu’opposa le peuple de Hanovre à la viola-tion de la constitution d’Ernest-Auguste (1837), l’oppositiondu sentiment national à l’incorporation au Danemarck duSehlesvig-Holstein, l’avénement de Guillaume IV au trônede Prusse, enfin les tentatives d’émancipation sur le ter-rain religieux avaient réveillé les espérances du libéralisme,lorsque, à son grand étonnement, il vit ces espérances se