ROMANTIQUES ET LIBÉRAUX
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peuple ce qu’il nous plaît. » N’ai-je pas moi-même, à Stutt-gard, entendu l’un de ceux qui, en Wurtemberg, fuient plustard à la tète du ministère de mars, crier pendant huitjours : « Qu’attendez-vous pour agir ? Le peuple sera-t-iljamais plus excité qu’aujourd’hui ? Au lieu de mener auprône vingt mille personnes à Cannstadt, menez-les auchâteau, et en un clin d’œil le roi sera chassé à tous lesdiables. » C’est le même qui, la veille de son entrée au mi-nistère, chantait avec moi la Marseillaise. Il est vrai quedeux jours après il trouvait charmants les hauts seigneursdu château, et au bout d’un an, il signait des lettres de ca-chet contre ses anciens confrères.
Ne croyez pas que le libéralisme pût tirer un meilleurprofit du mouvement de 1848. Il n’agissait alors qu’en vuede résultats restreints ; dès qu’il les avait obtenus dans unÉtat, il se déclarait satisfait. Son manque d’intelligence luifaisait illusion sur la solidité de ses conquêtes, et il étaitenivré de son influence éphémère. Le nec plus ultra de lapolitique d’alors eût été d’appljquer à l’Allemagne la cons-titution anglaise ; on avait pour idée fixe de partager lepouvoir parlementaire entre l’aristocratie et la bourgeoisiepar le système des deux chambres. Les souverains, loin decontrarier ses idées, lui laissèrent faire la police contre ladémocratie naissante, jusqu’à ce que leurs armes fussentprêtes.
Tout à coup on ierma ce théâtre de marionnettes par-lementaires, on écarta de la diète les professeurs et lesministres de mars, et l’on rit au nez des « meilleurs et desplus nobles cœurs de l’Allemagne,» qui trouvaient ce pro-cédé inhumain.En supposant même que le parti démocra-tique eût imprimé aux affaires une autre direction, il n’é-tait pas assez fortement organisé, pas assez uni, pas assezintelligent pour résister aux coups que les rois lui por-tèrent dans l’automne de 1848 et l’été de 1849, lorsque* absolutisme célébra son triomphe par les fusillades de
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