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La société et les moeurs allemandes / traduit de l'allemand du Dr. Johannes Scherr avec l'autorisation de l'auteur par Victor Tissot
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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES

nous ont permis de progresser assez rapidement. Voyez, parexemple, la Prusse dont la population s’est élevée, de 1816à 1838, de 10,349,031 âmes à 14,271,530; d'après la statisti-que de 1838, elle avait 2,175 milles carrés de terre labourée,1,810 de plantations de tabac et 1,116 de forêts; elle récol-tait en moyenne 15,600,000 boisseaux de froment, 51,000,000de seigle, orge et avoine, 681,741 seaux de vin et 21,000,000de livres de tabac. En fait de bétail, elle avait 4,838,622bêtes à cornes, 1,472,901 chevaux, 15,011,452 brebis,1,936,304 porcs. Deux ans après, le produit du sol s’éleva à855 millions et demi de thalers. Aussi la population n’acessé de s’accroître et s’est élevée en 1857 à 17,250,000âmes; malgré cet accroissement considérable le bien-êtregénéral a augmenté aussi, comme on peut s’en convaincreen comparant la dépense moyenne d’un individu aux diffé-rentes époques. A ce même moment, l’Autriche produisait312 millions de boisseaux de blé, 7 millions de têtes debétail, 3 millions de chevaux et 35 millions de brebis. Sesusines, en 1847, rapportaient 27,906,901 florins, lesmanufactures de lin et de chanvre 94 millions, l’industrieet la culture de la soie 59 millions.

En 1851, les États-Unis de l’Amérique du Nord impor-tèrent de l’Autriche seule pour une valeur de 193,693 dol-lars, et du Zolverein réuni pour 6,008,785 dollars. Voilà deschiffres qui ont bien leur éloquence. Trois mers, de grandsfleuves navigables et un immense réseau de chemins de fersont à la disposition du Zolverein.

Il n’en est pas de même de la Suisse, obstruée en outrepar des montagnes impraticables et privée de toute sortiesur la mer. Aussi les matières premières lui arrivent-ellesavec des frais de transport énormes. C’est ce qui l’a forcéede porter au loin son principal commerce.

Pour ce qui regarde la dette, nous n’entrerons pas dansles transformations produites par les événements de 1870-1871 ; elle s’élevait en 1848 à 2,112,869,998 florins du Rhin,