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LA SOCIÉTÉ ET LES MŒURS ALLEMANDES
à ivouloir s'affranchir du joug de l’aristocratie financière,comme le bourgeois et le paysan se sont affranchis autre-fois de l’aristocratie féodale. Noble et juste revendicationdes droits et de la dignité de l’homme qui ne triompherapas sans lutter ! Nous verrons sans doute bien des révolutionsencore et des réactions, plus terribles même que celles dupassé. Malheur aux générations qui assisteront à ce grandcombat, quand la trompette et le tambour donneront lesignal à l’insurrection des masses prolétaires !
Nous pouvons, si bon nous semble, fermer les yeuxdevant cette sombre perspective et la taxer de fantaisiepessimiste, mais un regard clairvoyant devine déjà la luttefratricide entre deux drapeaux qui auront pour devise l’unl’argent, l’autre le travail. Des tentatives ont été faites enAllemagne pour la prévenir, entre autre la création de laSociété coopérative industrielle et économique, fondée parSchultze Delitscb et qui n’a rien d’analogue dans aucunautre pays. Malgré les railleries des fourbes et des commu-nistes insensés, cet homme de bien est parvenu à consti-tuer, depuis 1864, des associations de crédit et d’avances, dessociétés de consommation et de production qui font arriveraux mains des travailleurs les matières premières et les pro-ductions commerciales. D’après le rapport de 1872, cetteassociation ouvrière, basée sur des principes sains et natio-naux, comptait déjà 3,600 grandes confédérations. Elle enavait plus de 4,000 au commencement de 1875. Le bilande 1874 constate un fonds de roulement de 750 à 780 mil-lions de thalers et un bénéfice de 46 à 48 millions. N’est-on pas en droit d’espérer qu’on a trouvé enfin la voied’émancipation du travail et cela par le seul axiome toutgermanique : aide-toi toi-même? Mais ceux-là seuls qui n’ontpas étudié l’histoire peuvent se bercer de cette illusion.
En effet dans la société humaine comme dans la nature,le droit du plus fort est la loi fatale et fondamentale quin’a cessé et qui ne cessera de triompher.