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HISTOIRE DU CAFÉIER
prit quelques graines de l’arbuste, les fit bouillir, enfit prendre la décoction à ses moines qui restèrentéveillés pendant les offices de la nuit :
Les moines tour à tour, lorsque tombe te soir,
Puisent, rangés en cercle, au large réservoir,
Et l’aurore étonnée en visitant ces rives,
Ne les surprit jamais dans leurs couches oisives. (1)
Quelques musulmans donnent à cette découverteune plus haute origine, et prétendentque l’ange Gabrielrévéla à leur prophète les vertus de cette plante.
D’après le discours inséré dans le journal italien dessavants, pour l'année 1670, deux moines, Sciakli etAydius auraient découvert les premiers les propriétésdu café, et pour ce motif étaient devenus l’objet deprières particulières. Ce Scialdi ne serait-il pas lemême que le Mollah Ali-Ben-Omar Schadelly, qui,instruit par le chamelier ou le chevrier, aurait utiliséles vertus excitantes du café ‘i
M. Guys, ancien consul à Alep, raconte d’une autrefaçon l’iiistoire de celte découverte, d'après lesMusulmans.
Un Derviche de Moka (il y a toujours des religieuxchrétiensou musulmans dans celtequestion d’originej,un derviche de Moka renvoyé de sa maison religieuseen Oofi de l’hégyre (1258 ans de l'ère chrétienne),était allé vivre sur une montagne du voisinage. Vou-lant apaiser la faim qui le tourmentait, il s'avisa deramasser les fruits d'un arbre qu'il rencontrait par-tout, et les ayant fait bouillir, il en trouva la décoc-tion agréable. Quelques confrères ayant été voir l’exilé,voulurent goûter de ce qu’il leur dit être son unique
1. Le Café, poème de l’abbé Massieu, traduit par M. Théry,recteur de l’Acad. universitaire du Calvados, 1833.