HISTOIRE DU CAFÉIER
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» plusieurs y substituent la farine d’orge rôtie 1 ».Boehart 2 pense que ces fèves étaient des pois cliiches.
Homère raconte ( Odyssée , IV) que la belle Hélène,à. la cour de son époux Ménélas, servit à Télémaque,pour le consoler, un breuvage composé de vin etd’une substance que le poète appelle Nepenlhès.« Elle mêle au vin où puisaient leurs coupes, le suc» merveilleux d'une plante qui bannissait du cœur la» tristesse, la colère, et amenait l’oubli de tous les
» maux. » Des savants, amateurs de café sans
doute, ont supposé que cette substance ne pouvaitêtre que du café, et ils donnent pour preuve, qu’llélènel’avait reçue de l’EgyptiennePolydamna, épouse du roiThouès. On a pensé que c’était peut-être une espècede pavot, de l’opium, du haschich, de la bourrache,l'hyosciamus datura de Forster, espèce de jusquiame,mais il est plus que douteux que ce fût du café.
Nous devons citer encore Christophe Campen quipense que le père de la médecine, Hippocrate, avaitconnu et administré le café 3 .
Le Maronite Naironi, professeur de langues chal-daïque et syriaque au collège de Rome 4 attribue ladécouverte du caféier et des propriétés de sa graineà un prieur de quelques moines dans la haute Egypte,auquel un gardien de chameaux ou de chèvres seserait plaint de ce que les animaux confiés à sagarde, après avoir mangé d'une certaine plante, nepouvaient trouver le sommeil et étaient dans unegrande agitation. Le prieur, ayant observé le fait,
1. J.-J. Scheuzer, physique sacrée, Amsterdam, 1732-37,8 vol. in-folio.
2. Sam. Boehart, Ilierozoicon ou histoire des animaux del’Ecriture, Leipsick, 1793.
3. ]> Chaumeton, flore médicale.
4. Antoine Fauste Naironi, De potu saluberrimâ cahve sivç
café. Rome, 1675. 1