Histoire bu caféier
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de Sergius, et que, désespéré du crime qu’il venait■de commettre, il avait pour toujours prohibéla liqueurmaudite qui prive l'homme de sa raison. On ne savaittrop à quoi s’en tenir au sujet de l’arbuste ; l’auteurdu « Bouclier de l'Europe », qui était en Egypte en1638, dit, en parlant du café, que c’est une graine del’Inde, comme une manière de petite fève que l’onfait cuire au four, etc. h
Quoiqu’il en soit, le café ne tarda pas à être accueilliavec faveur dans la capitale de la basse Egypte, auCaire ; il s’établit rapidement des Kawakanès, lieuxoù l’on débitait du café, et où les oisifs se réunissaientpour y savourer leur liqueur favorite, jouer aux échecset discourir de choses et autres. On y voyait même desfemmes et là se nouaient des relations qui n'étaientpas toujours marquées au coin de la morale la plusscrupuleuse. On dit même que les ânes entraient dansces cafés avec les consommateurs 1 2 .
En 1511, le gouverneur de la Mecque, Kaïr beg, futchoqué de voir plusieurs personnes assemblées dansun coin de la Mosquée, pour prendre du café, afin depasser la nuit en prières. Son zèle pour la religion leporta àconvoquer les ofliciers de justice et les docteursde la loi. Il fut reconnu, d’accord avec quelquesmédecins, que le café était une liqueur interdite parle Coran, et il en défendit l’usage. Les cafés publicsfurent fermés, les approvisionnements détruits, mal-gré les remontrances des Derviches et du Muphtylui-même.
Mais le sultan du Caire, grand amateur de café,ayant eu connaissance de ces faits, consulta desdocteurs, sans doute comme lui partisans du café,
1. Dufour, Traités nouveaux du café, etc.
2, Correspondance d’Orient de Michaud, v. 251.