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HISTOIRE t)ü CAFÉIER
sait à table. Il fit connaître cette boisson à Paris en1004.
Voici ce que dit ce voyageur au sujet des cafés deConstantinople où il se trouvait en 1636.
« Ils (les Turcs) ont une autre boisson, qui leur est» fort ordinaire. Ils l'appellent cahvé et en usent à» loutes les heures du jour. Cette boisson se fait» d’une graine dont nous parlerons ci-après, ils la» font rôtir dans une poile ou autre ustensile sur le» feu. Ils la pilent et la mettent en poudre fort subti-» le ; quand ils en veulent boire, ils prennent un co->; quemar fait exprès, qu'ils appellent ibrik, et l’aiant» rempli d'eau, la font bouillir. Quand elle bout, ils y» mettent de cette poudre pour environ trois tasses» d'eau, une bonne cuillerée de la dite poudre, et» quand cela boût, ou le retire vivement de devant le» feu, ou bien on le remue, autrement il s'enfuirait» par dessus, car il s’élève fort vite, et quand il a» bouilli ainsi dix ou douze bouillons, ils le versent» dans des tasses de porcelaine, qu'ils rangent sur un» trenchoir de bois peint, et vous l’apportent ainsi» tout bouillant; il faut le boire aussi chaud, mais à» plusieurs reprises, autrement il n’est pas bon. Ce» breuvage est amer et noir ; on le boit tout à petit» traits, de peur de se brûler, de sorte qu’étant dans» un cahveliane (ainsi nomment-ils les lieux où il se» vend tout préparé) on entend une assez plaisante» musique de humerie.
» Cette boisson est bonne pour empêcher que les» fumées ne s’élèvent de Testomach à la tête, et par» conséquent pour en guérir le mal, et par la même» raison il empesche de dormir. Lorsque nos mar-» chands françois ont beaucoup de lettres à écrire, et» qu’ils veulent travailler toute la nuit, ils prennent