HISTOIRE DU CAFÉIER
21
» le soir une tasse ou (leux de cahvé ; il est bon aussi» pour conforter l’estomach et aide à la digestion ; en-» lin selon les Turcs, il est bon contre toutes sortes do» maux, etassurémenlil aautant de vertus qu’on en al-» tribueau thé; quant au goût, on n’en a pas bu deux fois» qu’on s’y accoutume, et on ne le trouve plus désa-» gréable, il y en a qui y mêlent du clou de girofle,» et quelques grains de cardamome, appelé en latin» cardamomum minus, qu’ils appellent cacoule ;» d’autres y ajoutent du sucre, mais ce mélange, qui» le rend plus agréable, le fait moins sain et profita-» ble, il s’en boit une grande quantité dans le pais» des Turcs, il n’y a pauvre ni riche qui n’en boive au» moins deux ou trois tasses par jour, et c’est une» des choses que le mari est obligé de fournir à sa» femme. Il y a plusieurs cabarets publics de calmé,» où on le fait cuire dans de grandes chaudières. En» ces lieux toutes sortes de personnes s’y peuvent» rendre, sans distinction de religion ni de qualité, et» il n’y a point de honte d’y entrer, plusieurs y allant» pour s’entretenir, il y a même au dehors des bancs,» de massonerie avec des nattes pardessus, ou s'as-» seient ceux qui veulent voir les passants et prendre» l’air.
» Il y a ordinairement dans ces cavehanes plusieurs,» violons, joueurs de flûte et musiciens qui sont ga-» gez du maître du cahvekane, pour jouer et chanter» une bonne partie du jour, afin d’attirer le monde.» Quand quelqu’un entre en un cahvehane, et qu’il y» voit entrer des personnes de sa connaissance, s’il» est un peu civil, il donnera ordre au maître de ne» point prendre de leur argent, et cela par un seul» mot, car lorsqu’on leur présente du cahvé, il n’a)> qu’à ci’ier giaba c’est-à-dire gratis.