HISTOIRE DU CAFEIER
U
autre quartier de Paris ; il débita des tasses de caférue Mazarine, près de la Comédie française, et eutégalement bon nombre de chalands. Un Persan,Makara et un Liégeois, nommé on surnommé LeGantois, lui succédèrent. Procope Couteau tenait aussiun café en 1689 en face la Comédie française. Nousen parlerons plus loin.
La vogue était dès lors assurée au café, et sesennemis n’osèrent plus que timidement en condamnerl'usage.
Le Candiot, petit, boiteux, dit la Roque 1 allaitpar les rues de Paris, criant du café, et ceux qui envoulaient prendre le faisaient monter chez eux, où illeur remplissait un gobelet pour deux sous, enfournissant aussi de sucre. Il avait pour associé unnommé Joseph, venu aussi du Levant.
Etienne, originaire d'Alep, vint après Grégoire. Iltint longtemps son café sur le Pont-au-Change, et sefixa ensuite rue Saint-André, en face du pont Saint-Michel 2 .
Dans les pays plus septentrionaux que la France,on faisait usage du café comme médicament ; en 167-4,on le voit recommandé en Suède contre le scorbut. Ilest probable que beaucoup se disaient atteints decette maladie, pour pouvoir s’administrer un siagréable remède.
A Vienne, en Autriche, ce fut un polonais KulezyckiGeorges-François, qui en 1683 ouvrit le premier caféKaffee-haus, en vertu d’un privilège de l’empereur. Il
1. La Roque (Jean de), publia, eu 1716, un voyage dans l’A-rabie heureuse par l’Océan oriental et le détroit de la MerRouge; à cet ouvrage est joint un opuscule sur le café, où nousavons puisé beaucoup de renseignements.
2. Consulter pour la nomenclature des cafés renommés alors,les tablettes royales de Renommée par le sieur de Chantoiseau1769-1771. Voir aussi le dictionnaire des curiosités de Paris.